On oublie plus vite qu'un jardin ne pousse.

Je notais déjà. Un carnet dans la remise, des notes sur le téléphone, un bout de papier glissé dans le sachet de graines, un tableur que je n'ouvrais plus.

L'information existait. Elle était juste éparpillée sur quatre supports — donc illisible, donc perdue. Et chaque printemps, je recommençais.

Pistilla ne te demande pas de commencer à noter. Elle te propose d'arrêter d'éparpiller.

Un jardin, c'est pour longtemps.

Quand j'ai acheté ma maison, l'ancien propriétaire m'a laissé un carnet. Quelques noms de variétés, deux ou trois indications. Rien qui dise ce qui avait bien donné, ce qui avait gelé, ce qu'il avait essayé puis abandonné.

J'aurais adoré avoir dix ans de son jardin.

Et il n'y a pas que les notes. Les arbres que tu plantes aujourd'hui donneront leurs meilleures récoltes bien après toi. On plante aussi pour des gens qu'on ne connaîtra pas.

Ce n'est pas pour ça qu'on tient un journal de culture. Mais le jour où tu passes la main — un déménagement, une transmission, autre chose — ce que ton jardin a appris ne repart pas de zéro.

Le carnet manuscrit laissé par l'ancien propriétaire : des listes de haies et de variétés, écrites à l'encre rouge et verte.
Le carnet de l'ancien propriétaire

Rentable ? Pas la première année, en tout cas.

J'ai cinq ans de chiffres sur mon potager. Sur une saison prise seule, le compte n'y est pas : entre les semences, les plants, le terreau, l'eau et le matériel, on dépense plus qu'on ne récolte.

Mais une saison prise seule ne veut pas dire grand-chose. Une serre dure quinze ans. Un prunier met cinq ans à donner, puis produit pendant trente. Une grelinette, tu l'achètes une fois. Mettre tout ça sur le compte de l'année, c'est se tromper de calcul.

Pistilla amortit ce qui doit l'être et suit ce qui produit sur plusieurs années. Ça ne rendra pas ton potager rentable — ce n'est pas le but, et ce serait un drôle d'objectif pour un jardin. Mais ça donne le vrai chiffre plutôt qu'un chiffre déprimant.

Et surtout : certaines cultures valent le coup, d'autres non. Chez moi, les pommes de terre coûtent plus cher qu'elles ne rapportent. Les aromatiques et les tomates semées maison, largement l'inverse. Savoir lesquelles, chez toi, c'est utile. Le reste est du marketing.

Qui porte Pistilla

Portrait de Lorenzo, souriant, devant la serre de son potager.

Je m'appelle Lorenzo. Je suis amoureux de mon jardin et de mon potager, mais je ne suis pas horticulteur : dans n'importe quel groupe de jardinage il y a des gens qui en savent bien plus que moi sur les plantes.

Ce que j'ai fait, en revanche, c'est compter. Cinq ans de récoltes pesées, de dépenses notées, de saisons documentées sur mon potager dans l'Aisne. Pistilla est l'outil que j'aurais voulu avoir la première année, et que j'ai fini par construire.

Je la développe seul. C'est pour ça que j'ai besoin de testeurs.

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